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Crise à la cour royale Baoulé: Lorsque des considérations politiques pourraient parasiter le fonctionnement de la couronne ( Hamed Koffi Zarour)

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Côte d’Ivoire – Société – La crise qui sécoue la cour royale Baoulé a depuis quelque temps pris des proportions inquiétantes vu les dissensions entre les deux parties qui se disputent le trône. D’une part la reine-mère,
Nanan Akoua Boni II, et d’autre part son fils, héritier du trône. Hamed Koffi Zarour, président de AGIR POUR LA CÔTE D’IVOIRE une organisation de la société civile porte un regard sur cette crise qui oppose une mère et son fils avec de fortes pressions extérieures.

LORSQUE DES CONSIDÉRATIONS POLITIQUES POURRAIENT PARASITER LE FONCTIONNEMENT RÉGULIER ET PAISIBLE DE LA COURONNE BAOULE

1 – L’ENVAHISSEMENT DE LA SPHÈRE PUBLIQUE PAR UNE QUERELLE STRICTEMENT INTRACOMMUNAUTAIRE.

J’ai souhaité au départ me tenir à l’écart de l’opposition qui semble traverser la Cour Royale, sur fond de succession ou de représentation, parce que non seulement, je ne suis pas qualifié pour en discuter (historien, sociologue, ou encore membre de la Cour), mais que j’avais jugé alors, inutile ou contre-productif de nourrir davantage la polémique. Cette appréciation a évolué depuis, au regard des contours politiques et intercommunautaires que prennent cette affaire. Elle porte en elle les germes d’une nouvelle division et d’un conflit interne et externe au peuple Baoulé. Les blessures de la crise que nous avons connu sur notre chemin vers la démocratie, nous imposent d’entreprendre, chacun à son modeste niveau, tout ce qui est possible, pour construire une paix durable en Côte d’Ivoire.

En effet nous observons depuis peu, l’envahissement de l’espace public et de la sphère publique par la production d’articles et de communiqués contradictoires, relatifs au Trône Royal de la communauté Baoulé, en tant que symbole de son unité, de sa grandeur, de sa sagesse et de sa dignité, mais aussi de sa soumission au pouvoir ancestral et de son adhésion aux normes traditionnelles qui gouvernent sa vie communautaire. Le surgissement soudain du questionnement de la légitimité de la Reine actuelle, N’gah-Tanou Monique, intronisée sous le nom de Nanan Akoua Boni II, le ‪31/08/2017‬, à la suite d’une période de régence ( Cf. Fraternité-Matin du 04/09/2017), et les intrigues relatives à sa succession de son vivant, interpellent notre réflexion à trois niveaux. Le premier est le caractère public que l’on veut donner à une affaire privée au sens sociologique du terme (activités d’un groupe ethnique particulier, agissant en tant que tel, en acceptant les règles spécifiques du groupe relatives à son organisation, aux statuts de ses membres, aux règles sociales et spirituelles de vie, aux traditions, pratiques et croyances du groupe…). Il s’agit d’un particularisme qui relève uniquement de la compétence des gardiens de la tradition Baoulé et des organes qui incarnent l’institution Royale (Conseil Supérieur de la Cour Royale, Collège des sages, Collège des Djéfoués, Collège des Chefs de Cantons, et autres dignitaires) et non du politique, à plus forte raison de la représentation nationale ou de toute autre institution. Le citoyen ivoirien, régi exclusivement par les lois de la République, n’est pas concerné par cette affaire, qui relève du contrat social d’un groupe spécifique. Celui-ci est donc privé. Dès lors, cette affaire n’a pas de place dans la sphère publique, appartenant à la communauté nationale dans son ensemble, là où la République laïque et démocratique, occupe tout l’espace, a aboli la monarchie et rend la Nation une et indivisible.

2 – GENÈSE DU CONFLIT ET QUERELLE DE LÉGITIMITÉ

« En effet, depuis un certain temps, des personnes venues d’ailleurs et bénéficiant du soutien de certains de nos fils motivés par une ambition démesurée, tentent par toutes sortes d’intrigues d’installer un nouveau Roi en lieu et place de sa majesté Nanan Akoua Boni II, Reine du Royaume Baoulé, au mépris des règles et principes traditionnels en vigueur en pays Baoulé depuis plus de 4 siècles » a indiqué Nanan Kouassi Yao Thomas, Chef de canton de Diabo, au nom de ses pairs. Cette déclaration faite en présence de la Reine a permis aux visiteurs de sa majesté de condamner « avec la dernière énergie ces méthodes étranges, dont l’unique but est de perturber la quiétude de nos braves populations, mettant ainsi en mal la paix et la cohésion sociale au sein de notre royaume » a dénoncé le Conseil du Royaume Baoulé « En outre, le Conseil du Royaume Baoulé met en garde les mercenaires coutumiers venus d’ailleurs pour réinventer le Royaume Baoulé après 400 ans d’existence. Autant les Baoulé ne se mêlent pas de la gestion du Royaume des autres, autant nos frères sont invités avec tout le respect à se tenir loin des affaires du Royaume Baoulé » ( Pole Afrique info).

Dans la civilisation Ashanti et Akan la transmission est matrilinéaire. L’héritage obéit à la filiation utérine. On peut hériter du frère ou de la sœur utérins comme de la mère utérine, en tant que sœur du défunt (monarque, dignitaire ou simple sujet du royaume). Dès lors, pour déterminer qui a droit à la succession (donc qui hérite du trône dans le Royaume Baoulé), il est essentiel de savoir si le défunt avait, ou non une sœur utérine. Le cas d’école que nous observons actuellement se fonde sur ces deux principes. La sœur utérine peut hériter de son frère utérin, les deux tirant la source de leur pouvoir de leur mère commune, donc de la même lignée. C’est le cas du Roi Nanan Kouakou Anougblé III (1995-2016) et de l’actuelle Reine N’ga-Tanou qui lui a succédé en devenant Nanan Akoua Boni II. En revanche, on ne saurait hériter d’une qualité que la personne dont on hérite ne possède pas elle-même. Ainsi, le Prince Nanan Kassi Anvo installé sur le trône royal sans l’aval de la première citée, tirerait la source de son pouvoir de la Reine-Mère Nanan Akoua Boni II (la Reine N’gata-Tanou), sa propre mère, mais surtout et avant tout de son oncle, le Roi Nanan Kouakou Anougblé III. La question qui se pose à ce niveau, est de savoir si la Reine-Mère qui aurait selon une version des faits ou plus exactement une interprétation de la tradition, assuré la régence depuis le décès de sa Majesté Nanan Anoungblé III, en attendant que le nouveau Roi « ne soit préparé aux fins d’assumer comme il se doit, les charges de sa fonction », est il le seul neveu ou fils éligible à la succession d’une part, et d’autre part a t-il été proposé ou agréé par cette dernière ?. En principe, l’héritage doit revenir en totalité aux héritiers réservataires. A défaut, s’il n’y en a pas, aux autres héritiers suivant leur ordre de priorité.

Il apparaît d’une part, que si la Reine-mère n’assumait pas pleinement les attributs de la charge royale elle ne peut les transmettre, et d’autre part, que cette intronisation rituelle ne peut se faire qu’avec son total et plein consentement, quelle que soit la qualité qui lui est unanimement reconnue : Reine pleine à titre définitif ou Régente à titre temporaire. Or, cette dernière n’a ni démissionné de sa charge de Reine ou de ses fonctions de régente, ni ordonné ladite cérémonie comme il est d’usage. Il sera observé par ailleurs que « Le cérémonial s’est également déroulé sous le regard bienveillant de la famille paternelle du nouveau Roi, dépêchée à cet effet par sa Majesté Nanan Amon N’douffou V, Roi de Krindjabo. » (Le Banco du 02/04/2019). D’une part, la forte implication de la Cour Royale des Agnis de Krindjabo dans cette affaire de couronnement avorté ou contesté, c’est selon, ne semble pas du tout être appréciée par la Cour Royale des Baoulés, même si elle représente la famille paternelle, et d’autre part, celle-ci dénonce des manœuvres orchestrées par des personnes extérieures à la Cour.

Dès lors, il convient d’examiner les conditions d’apparition de ce conflit, son objet réel et ses modalités d’évolution, d’autant plus qu’un collectif de députés de la Nation, a jugé utile, contrairement à l’esprit républicain et à leur mission, de se constituer en un groupe ethnique, politique et partisan, pour soutenir une partie contre une autre, en opposant ainsi un fils à sa mère (une infâmie au plan de la culture baoulé et africaine), plutôt que de proposer un règlement familial (privé) et pacifique (dialogue) du différend ( Deux personnes pour un même Trône). Cette attitude ne peut que susciter des réactions politiques contraires, qui d’ailleurs ne se sont pas fait attendre, accentuant de la sorte la division du corps social pour des raisons subalternes (intérêts personnels, tribalisme, enjeux de pouvoir dépourvus du sens de l’intérêt général). Cette immixtion du politique, quelle que soit son obédience, est insupportable dans une affaire traditionnelle, du reste strictement privée et Baoulé, invitant également à l’abstention des autres royaumes dans cette affaire. Lorsque les politiques ne s’entendent plus, ils ne doivent pas impliquer le corps social dans leur désunion et lui en faire supporter le coût.


CONCLUSION

La recherche de partenaires et d’alliés dans la perspective de 2020 sur une base ethnique crée de nouvelles divisions dans le corps social avec des actes vexatoires, qui piétinent des principes républicains et traditionnels, alors que par opposition le peuple ivoirien dans sa majorité a fait le choix de la réconciliation, de la cohésion sociale et de la préservation de la paix. Les politiques doivent faire à leur tour, le choix responsable de l’espoir et du progrès, à travers la pertinence et l’humanité de leurs offres. Les citoyens que nous sommes, devons agir pour rendre nos pratiques meilleures, afin de donner naissance à une nouvelle Côte d’Ivoire. Nous sommes les forces du changement. A ce titre, nous devons sortir des prisons du passé et d’une tradition sclérosée, qui servaient des intérêts privés, plutôt que d’être au service de l’union, de la paix, de la démocratie et du progrès. C’est à cette transformation pacifique des mentalités que nous appelons la société Ivoirienne. Celle-ci est inscrite dans la marche de l’histoire et est inéluctable. L’histoire nous apprend que c’est une affaire de succession mal réglée, qui a entraîné la fuite de la Reine Abla Poukou du Royaume Ashanti pour créer le Royaume Baoulé en Côte d’Ivoire. Cet enseignement devrait nous inciter à plus de sagesse et de retenue. N’oublions jamais, que nous reçu la Côte d’Ivoire en héritage. Nous avons le devoir de la transmettre mieux que nous l’avons reçue. Pour ce faire, nous devons apprendre à conquérir et à transmettre le pouvoir pacifiquement, dans le respect des normes, tant sur le plan traditionnel que politique.

©CotedivoireNews

Une contribution de Hamed Koffi Zarour

Le titre et le chapeau sont de la redaction

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Filière Hévéa: L’APROMAC en phase de devenir une Organisation Interprofessionnelle Agricole

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Filière Hévéa - L’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire (APROMAC) est presque prête à devenir une organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA),

Côte d’Ivoire – Filière Hévéa – L’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC) est presque prête à devenir une organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA), selon l’ordonnance de 2011. L’annonce a été faite ce mercredi 26 juin 2019, lors de son Assemblée Générale Ordinaire qui s’est tenue dans un hôtel d’Abidjan-Cocody.

En effet, pour l’ordonnance n°2011-473 du 21 décembre 2011 qui définit les conditions de création des organisations interprofessionnelles Agricoles, chaque filière doit se transformer en interprofession, dans un délai de 2 ans. Depuis cette date, les acteurs de la filière ont entamé démarches et réflexions pour la mise en place de l’interprofessionnelle de la filière Hévéa.

A lire aussi// Filière Hévéa: L’APROMAC en Assemblée générale Ordinaire

Les Organisations Interprofessionnelles Agricoles sont des groupements constitués par les organisations professionnelles Agricoles les plus représentatives de la production, de la transformation et la commercialisation ayant été reconnues comme telles par l’autorité administrative compétente au niveau national par produit déterminé dans les conditions définies par la présente ordonnance.

C’est dans cette logique que l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), a mené actions et réflexions afin de remplir les conditions exigées par l’ordonnance de 2011, car la reconnaissance de la qualité d’OIA doit faire l’objet d’une demande adressée au ministre chargé de l’Agriculture.

Selon les responsables présents à l’AG de ce mercredi, l’APROMAC remplis désormais les conditions. Il s’agit entre autres, des dossiers constitués des statuts et règlement intérieur du groupement d’organisations professionnelles agricoles, du procès-verbal de l’AG constitutive, de la liste des membres de chaque collège ainsi que celle des membres du conseil d’Administration. Ce dossier doit être composé également des Procès-verbaux des réunions des organisations ayant désigné leurs représentants au sein du groupement d’organisations professionnelles agricoles, des derniers rapports d’activités des organisations dont sont issus les membres des collèges, mentionnant les quantités de produits ou du groupe de produits de chaque collège. Il doit être également constitué du document de stratégie et de plan d’actions du groupement d’organisations professionnelles agricoles approuvés par les différents collèges.

L’APROMAC ayant tous ces documents à sa possession, il ne lui reste que la dernière procédure, celle d’adresser une demande au ministère de l’Agriculture pour se voir attribuer la qualité d’Organisation Interprofessionnelle Agricole.

Notons qu’après avoir été proposé au cours de l’assemblée générale par 3 des 25 nouveaux administrateurs de la nouvelle APROMAC, conformément à l’ordonnance 2011, Krémien Malan Eugène a été élu à l’unanimité Président du conseil d’administration de l’APROMAC pour un mandat de trois (3) ans.

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Par Fulbert Koffi

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Union des journalistes de Côte d’ivoire: Les premières candidatures à la présidence de l’UNJCI enregistrées

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UNJCI-congrès-maison-de-la-presse

Côte d’Ivoire – Media – Le sécrétariat de l’union des journalistes de Côte d’Ivoire a ce mercredi 26 juin enregistré le dépot des premiers dossiers de candidature pour briguer la présidence de l’UNJCI.

Les équipes des candidats Lance Touré, Frank Etien, Idrissa Bamba, Jules Sylvain et Jean-Claude Coulibaly ont confirmé leur intention de diriger l’union des journalistes de Côte d’Ivoire qui sera bientôt en congrès ordinaire pour renouveler ses instances dirigeantes. Ils ont tous déposé leur dossier sauf le candidat déclaré, Felix BONY qui n’a pu le faire pour membres insuffisants sur sa liste. Les texte de l’UNJCI recommande 24 membres par liste.

L’équipe du candidat Lance Touré déposant ainsi son dossier au sécrétariat de l’UNJCI

Le candidat Bamba Idrissa deposant son dossier de candidature

Le Candidat Jean-Claude Coulibaly au sécrétariat de l’UNJCI
Jules Sylvain au sécrétariat de l’UNJCI
Franck Ettien au sécrétariat de l’UNJCI

©CotedivoireNews 

Parfait Dié

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Filière Hévéa: L’APROMAC en Assemblée générale Ordinaire

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Assemblée générale de APROMAC - hévéa

Côte d’Ivoire – Secteur Hévéa – L’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC) a convié ses membres à une Assemblée Générale Ordinaire ce mercredi 26 juin 2019, dans un hôtel d’Abidjan-Cocody.

Cette Assemblée Générale qui se tient tout au long de cette journée porte essentiellement sur la création de l’Organisation Interprofessionnel Agricole (OIA).

Selon les responsables, l’APROMAC remplissant désormais toutes les conditions pour la création de cette organisation, ont donc jugé utile de convoquer une AG afin d’informer les acteurs du secteur.

 Débutée à 9 heures par la cérémonie d’ouverture, cette assemblée porte sur plusieurs points. Il s’agit de la présentation des rapports des activités de l’année écoulée (2018), ainsi que de l’adoption des nouveaux statuts de l’APROMAC. Cela sera suivi par l’approbation des nouveaux membres de l’APROMAC, la prise d’acte, par les membres actuels de la perte de leur qualité de membres de l’APROMAC et celle de la fin anticipée du mandat du conseil d’Administration.

Cette rencontre ferme ses portes avec l’AG extraordinaire des nouveaux membres de l’APROMAC et du conseil d’Administration extraordinaire des nouveaux administrateurs.

©CotedivoireNews 

Fulbert Koffi

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